Dans un tweet du 9 juillet 2026, un ancien agent d’influenceuses (qui avait brièvement animé une émission de débat sur Le Média en 2023) a livré un résumé des accusations proférées la veille lors d’un live (sur Twitch et X) de 3h consacré à attaquer publiquement les instances de notre coopérative.
Nous profitons de l’occasion pour répondre à ces accusations (que nous reformulons en questions) à partir de la connaissance que nous avons des affaires internes de la coopérative du Média (nous en sommes sociétaires depuis des années, et certain·e·s d’entre nous siègent actuellement au sein de son Conseil de Surveillance). Nous inaugurons ainsi une série de posts de « Foire Aux Questions » où nous répondrons aux questions les plus récurrentes sur les réseaux au sujet du Média (dans la limite de la confidentialité qui peut s’imposer sur certains aspects personnels, bien sûr). Vous pouvez aussi nous questionner directement en commentaire sur ce site ou via notre formulaire de contact.
Les membres de l’actuel Directoire du Média avaient-ils ourdi un complot pour prendre la place de l’ancien Directoire ?
Non.
Le mandat de l’ancien Directoire devait s’achever en juin 2025. La procédure de révocation engagée en avril 2025 par deux membres du Conseil de surveillance (Diego Siaud pour les salarié·e·s, et un membre de notre collectif pour les Socios) n’est intervenue qu’au terme d’une longue série de dysfonctionnements et d’alertes (lancées y compris par une tenante actuelle de la théorie du complot !).
Le renouvellement du Directoire devait de toutes façons avoir lieu. La démission collective de l’ancien Directoire, qui n’a pas voulu s’expliquer dans le cadre de la procédure de révocation (dont le résultat n’était pas couru d’avance), a juste accéléré ce renouvellement. Deux listes ont alors été constituées par des salarié·e·s, avec deux projets concurrents, et la liste constituée par Nadia Sweeny, Marion Lopez et Diego Siaud, a été plébiscitée par l’AG des travailleur·euse·s du Média.
Conformément aux statuts, Diego avait démissionné de son mandat au Conseil de surveillance avant de candidater pour le Directoire. Il n’y a là aucun « conflit d’intérêts » : dans une coopérative, la rotation des tâches est la norme et non une exception. Les mandats ont une durée limitée, et sur un effectif de petite taille, des personnes peuvent passer d’un rôle à un autre au gré de la vie démocratique de la structure. Ainsi, par le passé, Thibault Sans, membre du Conseil de surveillance, d’abord comme socio puis comme salarié, est devenu membre du Directoire (et a donc lui aussi démissionné pour cela de son mandat au CS). A l’inverse, Julien Théry, ancien membre du Directoire, a ensuite été élu membre du Conseil de surveillance. Une camarade de notre collectif a été suppléante issue du collège des Volontaires (bénévoles), puis membre titulaire issue du collège des Socios.
Les membres des instances de notre Société Coopérative d’Intérêt Collectif sont désignés en vertu des règles statutaires qui organisent la démocratie coopérative. Tout sociétaire peut se présenter pour exercer un mandat social… mais il faut accepter aussi que la démocratie (ou le sort, puisque les Socios et Volontaires siégeant actuellement au CS ont été tiré·e·s au sort avant d’être élu·e·s par l’AG en 2024) désigne quelqu’un d’autre. C’est ce que celleux qui s’emploient à nuire au Média sur les réseaux ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre).
Après la démission de Nadia Sweeny du Directoire (pour raisons personnelles), Marion Lopez et Diego Siaud ont-ils écarté par racisme les candidatures d’Amina Kalache et Cyril Lemba pour lui succéder, au profit d’un « copinage » avec Lisa Lap ?
C’est une calomnie.
Le Directoire a été élu sur une liste avec un projet (qui n’est pas neutre et répond notamment à des revendications syndicales sur l’organisation du travail). Les statuts et le Règlement Intérieur prévoient que le renouvellement partiel du Directoire en cours de mandat se fait par le Conseil de surveillance sur proposition des membres du Directoire encore en place.
Comme cela a été expliqué en interne par Diego et Marion, le choix de Lisa Lap était légitime : elle avait non seulement déjà siégé au Conseil de surveillance, mais avait aussi été représentante du personnel, et surtout, avait participé à la rédaction du projet présenté par Nadia, Marion et Diego en 2025. L’accusation de « copinage » n’est qu’une projection de gens qui ont montré et montrent encore leur tendance à fonctionner justement par copinage, à grand renforts de flatteries réciproques sur les réseaux sociaux, d’invitations et renvois d’ascenseur sur leurs chaines YouTube, Twitch, comptes X, etc.
Il est évident qu’un Directoire de 3 personnes a intérêt à fonctionner en confiance et avec un accord sur la ligne suivie. C’est une bonne chose qu’il y ait eu plusieurs candidatures pour remplacer Nadia Sweeny, et ne pas être choisi cette fois-ci ne signifie pas qu’il n’y aura pas d’autres occasions (à condition de rester dans la structure, bien sûr, et de porter un projet convainquant) : le renouvellement du CS lors de la prochaine AG (sans doute en septembre), sera l’occasion pour celleux qui veulent s’impliquer de candidater ; le mandat du Directoire, lui, se terminera en 2028.
Pour être élu·e au CS, un·e salarié·e doit juste obtenir l’un des 4 meilleurs nombres de voix de son collège (sachant qu’en 2024, il n’y a eu que 3 candidat·e·s, qualifié·e·s donc d’office : c’est dire si le jeu est ouvert pour qui veut s’impliquer).
Pour le Directoire, il faut constituer une liste de 3 noms et être prêt à affronter une éventuelle concurrence. Dans ce cas, il faut réussir à convaincre l’AG des travailleur·euse·s, et bien sûr le Conseil de surveillance qui nomme in fine le Directoire.
Les personnes qui calomnient le Directoire actuel sur les réseaux n’ont pas eu le courage de se présenter elles-mêmes en 2025 ou ont été partie prenante de la liste qui a perdu. Elles essaient d’obtenir par une déstabilisation externe ce qu’elles n’ont pas réussi à obtenir par le jeu démocratique interne.
Marion Lopez a-t-elle recruté son petit copain ?
Non.
C’est le rédacteur en chef qui s’occupait des recrutements, et le journaliste en question avait déjà collaboré plusieurs fois avec le Média auparavant.
Que des relations amicales ou amoureuses se nouent au sein d’une petite équipe, il faudrait mêler singulièrement l’aigreur à une pudibonderie mal placée pour s’en étonner.
En réalité, le journaliste visé par cette campagne de dénigrement a démontré ces derniers mois sa capacité à animer un plateau et sa maîtrise des sujets. Il est lui-même racisé et de nationalité étrangère, ce qui ne semble étrangement guère troubler celleux qui cherchent à instrumentaliser de façon malsaine la cause de l’antiracisme au service de leurs rancœurs personnelles. Et lui se montre disponible pour faire le boulot quand d’autres qui l’accusent de leur prendre la place sont absent·e·s depuis des mois et consacrent beaucoup de temps à attaquer leur employeur sur les réseaux ou devant les tribunaux.
Le Directoire a-t-il refusé la candidature d’une rédactrice en chef noire, forte de plus de dix ans d’expérience, au motif qu’elle ne disposait pas d’une expérience suffisante, avant de nommer à ce poste le « community manager » ?
La démission de Théophile Kouamouo de son poste de rédacteur en chef (avant son licenciement pour faute) a obligé des journalistes, dont le chef du pôle Réseaux Sociaux, à exercer cette fonction par interim.
Nicolas Mayart avait aussi une solide expérience de chef d’édition au sein de la rédaction et avait montré de longue date son attachement à la structure coopérative. Qu’après réflexion, le Média qui avait lancé un appel à candidature, ait opté plutôt pour une formule s’appuyant sur l’expérience de Nicolas mais supprimant le poste de rédacteur en chef, est légitime et s’inscrit dans le contexte d’une vieille revendication de la rédaction (cause par le passé de heurts avec Denis Robert) : avoir un fonctionnement plus horizontal et collectif.
Dès lors, confier à un journaliste ayant l’expérience du fonctionnement coopératif la tâche de coordonner la rédaction avait peut-être plus de sens que de nommer une nouvelle rédactrice en chef, aussi capée fût-elle.
Dans le même temps, c’est bien une journaliste racisée qui a été embauchée pour diriger le pôle Réseaux Sociaux à la place de Nicolas. Le procès en racisme à ce sujet n’est donc qu’une calomnie de plus.
Le nouveau directoire s’est-il accordé une prime de 900 € pour cette fonction, alors que ce poste était jusqu’alors exercé à titre bénévole ?
D’autres membres du Directoire ont pu choisir par le passé d’exercer ce mandat à titre bénévole (par exemple un directeur de production et une directrice administrative qui touchaient déjà parmi les plus gros salaires de l’entreprise). Mais Thomas Dietrich avait bien demandé et obtenu une indemnité de 1000€ lorsqu’il était membre du Directoire, ainsi qu’une décharge de son temps de travail.
Celleux qui affirment que cette fonction a toujours été bénévole mentent.
De plus, ce n’est pas le Directoire qui s’accorde une indemnité, c’est le Conseil de surveillance qui peut décider de l’octroyer.
En l’occurrence, le Conseil de surveillance a été saisi du fait que l’une des membres du nouveau Directoire, pigiste, n’avait eu aucun revenu pendant la pause estivale, tout en devant assurer la direction de l’entreprise, et que l’absence de longue durée de la directrice administrative obligeait le Directoire à assumer cette tâche.
Le Conseil de surveillance a donc délibéré et voté une indemnité brute de 900€ attachée au mandat (et qui prendra fin avec lui : ce n’est donc pas du tout une « augmentation »). Rien de scandaleux là-dedans.
Est-il vrai que des personnes noires ou arabes critiquant les méthodes de gestion ou la ligne éditoriale auraient été progressivement écartées ?
C’est faux.
Amira Bendjaballah Jean-Pierre a été membre de la liste concurrente de celle du Directoire actuel, par exemple. Cyril Lemba avait candidaté pour le remplacement de Nadia Sweeny et n’était pas très content de la procédure de nomination en vigueur. Mais tous deux travaillent toujours pour le Média et figurent parmi les journalistes les plus présents à l’antenne. Iels n’ont pas du tout été écarté·e·s, travaillent pleinement pour le Média et gardent tout à fait le droit, autant que tous·tes les autres salarié·e·s, de candidater pour les instances de la coopérative (en y incluant les Représentant·e·s du Personnel).
La seule personne racisée qui a été écartée est l’ancien rédacteur en chef licencié pour faute après une motion de défiance votée par 94% de la rédaction. Il a emmené avec lui un journaliste pour animer leur propre chaîne (qui ne leur permet peut-être pas de vivre aussi confortablement que le Média, certes, mais ce n’est pas au Média de faire les frais de leur aigreur).
Un autre journaliste a CHOISI de partir parce qu’il n’avait pas supporté que des technicien·ne·s lui demandent de ne pas les traiter en larbins et craignait une enquête interne à ce sujet.
Deux autres journalistes absentes de longue date ont CHOISI d’entrer en croisade contre le Média, y compris par les méthodes les plus viles de dénigrement public.
Pendant ce temps-là, d’autres journalistes, tout aussi racisé·e·s, ont été recruté·e·s, ou même sont revenu·e·s travailler au Média (le fait que leur retour fasse suite au départ d’un rédacteur en chef reconnu pour son management toxique devrait interpeller celleux qui se posent des questions).
Des membres du Directoire ou des salarié·e·s réputé·e·s proches ont-ils des salaires démesurés ?
Non.
Le Média a une échelle de salaire qui va de 1 à 3. Si tel ou telle salarié·e a touché une fois une forte somme (6000€ brut, par exemple), c’est exceptionnellement, après avoir dû faire énormément d’heures supplémentaires (payées au tarif minimum de la convention collective, d’après nos informations) pour pallier l’absence imprévue du directeur de production. Il y a eu aussi un rattrapage de primes d’ancienneté que l’ancien Directoire avait négligé de régler, ce qui a pu gonfler, là aussi exceptionnellement, certaines fiches de paie. Mais rien d’indu, contrairement aux indemnités exorbitantes (plus de 100000€ parfois) réclamées devant les Prud’hommes par les mêmes qui calomnient le Directoire sur les réseaux.
Y a-t-il un conflit d’intérêt entre le Directoire et le Conseil de surveillance (censé le surveiller) dans lequel se trouveraient des membres de la famille de certains salariés du Média « proches du directoire » ?
Non, il n’y a pas de conflit d’intérêt en la matière.
Parce que le Conseil de surveillance est actuellement composé de 9 membres, et qu’aucun de ces membres n’a de lien de parenté ni un lien financier avec un membre du Directoire.
Nous avions nous-même soulevé la question autrefois, lorsque deux membres du CS étaient les conjoint·e·s de deux membres du Directoire qu’iels étaient censé·e·s surveiller. Nous demandions simplement à ce que des procédures claires de déport puissent être mises en place dans les situations susceptibles de générer un risque de conflit d’intérêt, mais la discussion avait été impossible avec le Directoire de l’époque qui avait entamé ensuite en représailles une purge des bénévoles.
Qu’un membre du CS ait un lien de parenté avec un salarié n’est pas un problème, surtout que le CS n’a aucune autorité hiérarchique sur les salarié·e·s. Que ce salarié soit réputé « proche » du Directoire ne veut rien dire. Une des accusatrices à voix masquée interrogée par Kamil Abderrahman s’était illustrée naguère par sa « proximité » avec une ancienne membre du Directoire, au point qu’elle échangeait avec elle des SMS dans lesquels elle injuriait un autre salarié (elle a elle-même produit ces pièces sur X, donc nous ne dévoilons rien), avant de changer du tout au tout et de traiter son ancienne copine de tous les noms, en public comme en privé. Preuve que la réputation de proximité avec quelqu’un n’est pas un critère.
Ajoutons que le membre du CS visé par ces accusations a été nommé par cooptation en remplacement de Diego Siaud, lorsque celui-ci avait démissionné du CS pour pouvoir candidater au Directoire. Le CS avait alors coopté le remplaçant (avec une suppléante) : il n’y avait pas d’autre candidat·e. Celleux qui prétendent aujourd’hui qu’il y aurait là un risque de conflit d’intérêt ne s’étaient pas signalés à l’époque, ni pour protester contre cette candidature, ni pour porter une candidature concurrente. Cette accusation brandie aujourd’hui n’est donc pas sérieuse.

Laisser un commentaire