Sur les réseaux antisociaux, des comptes anonymes, ainsi hélas que quelques comptes officiels de personnalités ayant un temps travaillé pour le Média et n’ayant pas réussi à plier la coopérative à leurs caprices, multiplient les calomnies et les initiatives farfelues (pétitions, cagnottes douteuses…) pour nuire au Média. Cela peut rendre sociétaires, abonné·e·s et spectateur·ice·s perplexes et susciter des questions. Depuis notre position de sociétaires bien au fait des affaires internes de la SCIC (certain·e·s d’entre nous siègent au conseil de surveillance), nous nous efforçons de répondre aux questions que cette cabale toxique peut légitimement susciter.

Peut-on attaquer le Média en justice pour le « sauver » ?

Evidemment non.

Une cagnotte en ligne a été créée par un petit groupe à l’identité tenue secrète (mais dont les protagonistes sont aisément reconnaissables) qui ambitionne de réunir 2500€ pour « sauver le Média »… en l’attaquant en justice. C’est grotesque, et les gogos qui donneront leur argent pour cette cause (qui n’a réuni que 90 euros en 5 jours alors qu’elle a bénéficié du soutien d’un influenceur sur Twitch et X devant plus d’un millier de spectateur·ice·s) en seront pour leurs frais.

Le but avoué de cette opération est en effet de lancer « une procédure en référé devant le tribunal de commerce » pour qu’il « désigne un mandataire de justice chargé de convoquer une assemblée générale pour redonner le pouvoir aux sociétaires » qui seraient alors en mesure de « révoquer le conseil de surveillance ».

Dans la mesure où une Assemblée Générale doit se tenir à l’automne (probablement en septembre), et que le mandat de l’actuel Conseil de surveillance se terminera avec la tenue de cette assemblée et l’élection statutaire d’un nouveau Conseil de Surveillance, on peut se demander si réclamer 2500€ pour obtenir de la justice qu’elle déclenche ce qui doit de toutes façons avoir lieu ne relève pas un peu de l’escroquerie — au pire — ou d’une totale méconnaissance de la démocratie coopérative — au mieux.

Si des sociétaires pensent devoir « sauver le Média » via un nouveau Conseil de surveillance qui révoquerait le Directoire actuel, il leur suffit de se porter candidat·e·s durant l’été pour le renouvellement du Conseil de surveillance à l’automne. Encore faut-il se faire élire, bien sûr, et convaincre les sociétaires, ce qui demandera peut-être un peu plus que des gesticulations judiciaires.

En tout cas, il est peu vraisemblable que le tribunal de commerce charge un mandataire de déclencher une AG déjà programmée. Mais quelqu’un se sera mis 2500€ dans les poches dans l’opération (enfin plutôt 90 à l’heure où nous écrivons ces lignes).

Existe-t-il au Média une section syndicale FO dont les instances du Média auraient ignoré les alertes ?

Non.

Il existe un compte anonyme sur le réseau X, qui se présente comme « compte de la section syndicale FO Le Média », et qui envoie des mails anonymes à différentes personnes sous cette étiquette, mais il n’existe aucune section FO au Média. L’intersyndicale du Média, qui s’est exprimée notamment en 2025 pour alerter sur des dysfonctionnements de la responsabilité de l’ancien Directoire, ne mentionne que la CGT et le SNJ dans ses communiqués. Aucun délégué syndical FO ne s’est manifesté au sein du Média, et aucune section FO n’a présenté de candidat·e à la dernière élection des représentant·e·s du personnel au Comité Social et Economique de l’entreprise. Aucun représentant de cette section FO n’a répondu à l’invitation du CS faisant suite à un mail anonyme dont il avait reçu copie. Or le CS proposait : « En l’absence d’interlocuteur·ice identifié·e nous invitons le ou la déléguée de la section à nous contacter pour nous rencontrer si il ou elle souhaite s’informer sur le fonctionnement du Conseil de Surveillance et sur les situations évoquées dans son communiqué. Cela permettra, nous l’espérons, à FO Le Média d’éviter de nouvelles erreurs ou imprécisions dans ses communications publiques, ainsi qu’un usage inapproprié de nos canaux internes ».

Cette section fantoche semble n’être en réalité qu’un faux-nez des mêmes personnes qui agissent derrière la cagnotte « Sauvons le Média », la pétition « Sauver le Média », et d’autres comptes anonymes utilisés pour véhiculer toujours les mêmes calomnies et harceler les membres de l’actuel Directoire du Média.

Le Média exclut-il les personnes racisées des postes à responsabilité ?

Non, c’est entièrement faux.

Pendant des années, un rédacteur en chef noir a dirigé la rédaction, une journaliste portant un voile et assumant sa foi musulmane a présenté des émissions phare du Média (« La Contre-matinale », « Toujours Debout »). Ces deux journalistes ne cachaient pas qu’il leur aurait été difficile, en raison du racisme systémique qui touche la presse comme tant d’autres secteurs de la société, d’exercer de telles responsabilités ailleurs qu’au Média.

La situation a-t-elle changé avec le changement de Directoire en 2025 ?

Pas le moins du monde. Nadia Sweeny, qui a fait partie du nouveau Directoire durant plusieurs mois, dirige toujours le pôle Enquêtes du Média. Mathida Daby est en charge des Réseaux Sociaux. Cyril Lemba, Amira Bendjaballah Jean-Pierre ou encore Amine Snoussi et Romain Mahdoud (ancien journaliste du Média qui a fait son retour) présentent, entre autres, les émissions phare (« Toujours Debout« , « Le Journal des luttes« ). Sara Trabi présente Geostratégix, émission d’entretiens avec Pascal Boniface. Eloïse Nguyen-Van Bajou, placardisée par l’ancien rédacteur en chef, est revenue présenter son émission « Symptômes critiques« .

Bref, le Média reste fidèle à son manifeste antiraciste et reste en avance sur le plan de la diversité (mais aussi de la parité de genres), y compris par rapport à d’autres médias indépendants.

L’instrumentalisation diffamatoire de la cause antiraciste au service d’une hargne personnelle n’honore pas les affabulateur·ice·s qui s’y livrent.

Enfin un média qui nous ressemble

Le nouveau Directoire a-t-il multiplié les erreurs de gestion qui ont mis en péril la santé financière du Média ?

Non, au contraire.

Lorsque le nouveau Directoire a pris ses fonctions en mai 2025, il a découvert que la Trésorerie était vide, que l’ancien Directoire avait joué sur les dates d’un don effectué par le Fonds de dotation pour une société solidaire qui finançait alors le Journal des luttes pour ne pas terminer l’année 2024 en déficit. Il a découvert aussi un véritable chaos administratif et a eu du mal à obtenir l’accès à des documents essentiels pour gérer l’entreprise. Mais en quelques mois, il a rétabli la situation, permettant à l’année 2026 de commencer sous les meilleurs auspices. Des dépenses imprévues ont alors fragilisé les finances et empêché la mise en route de certains projets… mais ces dépenses résultaient d’erreurs de l’ancien Directoire, par exemple un oubli de règlement sur plusieurs années de primes d’ancienneté dues aux technicien·ne·s.

Les calomniateur·ice·s qui s’activent sur les réseaux antisociaux contre le nouveau Directoire ont d’ailleurs partie liée avec l’ancienne direction responsable des difficultés financières. Ceci explique peut-être cela.

Les membres actuels du Directoire ont-ils été nommés au mépris des règles de droit en vigueur ?

Absolument pas. C’est encore une affabulation.

Les statuts de la SCIC et son Règlement Intérieur sont consultables publiquement. Ils ont été scrupuleusement respectés lors de la nomination du Directoire en mai 2025 suite à la démission sans préavis du Directoire précédent. C’est en réalité cette démission sans souci de la continuité de la structure qui méprisait les règles de droit qui interdisent de démissionner ainsi si cela met en danger l’entreprise. Les trois dirigeants n’avaient pas réellement démissionné en bloc mais de façon échelonnée sur quelques jours, et le dernier démissionnaire aurait pu proposer la nomination d’un·e remplaçant·e pour terminer le mandat (qui ne courait plus que sur deux mois), ou poser au moins un préavis à sa démission. Des membres de notre collectif ont d’ailleurs proposé une résolution à l’Assemblée Générale Mixte (Ordinaire et Extraordinaire) d’octobre 2025 afin de modifier les statuts pour qu’une telle situation ne puisse plus se reproduire. Signe des temps, la résolution a été mise à l’ordre du jour de l’AG (alors que le Directoire précédent avait refusé nos propositions avec mépris depuis 2023), et votée par les sociétaires.

Faute de préconisation statutaire claire à l’époque face à cette situation inédite, la démission sans préavis des membres de l’ancien Directoire sur un très court délai avait due être traitée comme une démission « en bloc », ce qui nécessitait que les salarié·e·s constituent une liste de candidat·e·s amenée à être nommée par le Conseil de surveillance pour démarrer un nouveau mandat. Deux listes concurrentes ont alors été constituées, et les salarié·e·s ayant massivement affirmé une préférence par un vote interne à leur collectif pour la liste de l’actuel Directoire, la liste battue a choisi finalement de ne pas se présenter devant le Conseil de surveillance qui, après un entretien, a nommé au Directoire la liste victorieuse.

Tout cela s’est fait dans un respect scrupuleux de la loi, des statuts et du Règlement Intérieur de la SCIC.

Par la suite, après la démission de Nadia Sweeny, son remplacement a lui aussi été licite, statutaire et réglementaire. C’est bien le CS, conformément à la loi et aux statuts, qui a nommé Lisa Lap comme remplaçante de Nadia Sweeny, après avoir accordé comme c’était son droit en tant qu’instance souveraine le délai demandé par le Directoire pour faire émerger une candidature conforme à son projet. Le cabinet juridique Legicoop qui conseille notre coopérative sur tous ces aspects avait bien évidemment été consulté au préalable pour vérifier que l’octroi de ce délai était possible.

La procédure de fixation d’une indemnité pour les membres du Directoire est-elle « nulle » et cette indemnité devra-t-elle être remboursée ?

Non.

C’est le Conseil de surveillance qui peut décider d’une telle indemnité et c’est bien lui qui l’a fait quand il a constaté que cela devenait une nécessité, du fait notamment que les membres du Directoire devaient assumer la charge du remplacement de la directrice administrative dont l’absence de longue durée se prolongeait et de la direction des ressource humaines (poste qui n’existe pas à l’heure actuelle et qui nécessiterait pour être mis en place des moyens financiers qui font encore défaut). Comme nous l’avions déjà expliqué dans notre FAQ 1, il y avait déjà eu par le passé une indemnité décidée par le Conseil de surveillance pour un membre du Directoire.

Une des instigatrices du harcèlement contre le Média a développé par ailleurs un argument fondé sur l’article 20.1 des statuts de la coopérative qui stipule que « l’acte de nomination fixe le mode et le montant de la rémunération de chacun des membres du directoire ». Symptôme peut-être d’une ancienne ambition ratée de juriste, elle en fait une interprétation fallacieuse et obtuse pour prétendre que, l’indemnité ayant été votée plusieurs mois après la nomination, celle-ci serait « nulle » et devrait être restituée. Mais en réalité, les statuts ne disent pas du tout que la rémunération devrait être fixée une fois pour toutes et ne devrait plus jamais être modifiée durant tout le mandat, ce qui serait à la fois stupide et contraire au droit général des sociétés. L’instance qui a le pouvoir de décider une rémunération a évidemment aussi le pouvoir de modifier celle-ci, en fonction des circonstances. En l’occurence, le Conseil de surveillance a bien délibéré dans le cadre de l’exercice de ses compétences, pour prendre une décision motivée par les circonstances, et attribuer aux membres du Directoire une indemnité modeste et proportionnée aux responsabilités objectivement exercées.

En outre, l’article 20.1 des statuts de la SCIC découle directement de l’article L. 225-63 du Code de commerce. Or, l’arrêt n° 08-12.564 du 10 février 2009 de la chambre commerciale de la Cour de cassation précise à propos d’une indemnité de directeur revue à la baisse par un Conseil de surveillance que ce dernier peut modifier unilatéralement la rémunération des membres du Directoire « pour l’avenir », mais ne peut pas la diminuer rétroactivement sans leur accord. C’est un point de jurisprudence important qui atteste que le Conseil de surveillance a bien le pouvoir de modifier une rémunération de directoire à condition de ne pas la baisser rétroactivement. La personne qui attaque anonymement le Média sur ce point s’expose donc à contester une décision que la jurisprudence légitime, et à demander une baisse rétroactive qui va également à l’encontre de la même jurisprudence.

On se demande quel avocat, s’il existe réellement, peut demander 2500€ pour s’aventurer sur un tel terrain. Di Vizio ?

Un membre de notre collectif, siégeant au Conseil de surveillance, a-t-il harcelé une journaliste sur les réseaux antisociaux ?

Non.

C’est une accusation diffamatoire répétée sur les réseaux par celles et ceux qui organisent l’actuelle campagne de calomnies contre le Média ainsi que par les comptes anonymes qu’ils déploient. En réalité, ce sont ces comptes qui ont généré et génèrent encore un harcèlement en ligne contre les membres actuels du Directoire. Et c’est la journaliste en rupture de ban à l’origine de cette accusation farfelue qui est elle-même venue sur le réseau X le 3 mars 2026 commenter un propos de notre camarade en commentaire d’un tweet de Marion Lopez du 1er mars : cette dernière y remerciait les spectateur·ice·s de son émission « le Récap » qui fêtait son premier anniversaire, et notre camarade y répondait simplement et factuellement aux agressions d’une horde lancée contre elle, dont un compte anonyme « La Blague » (@lablagoubette) particulièrement diffamant et injurieux. La journaliste en rupture de ban s’est immiscée dans cet échange en étalant publiquement ses griefs personnels contre le Directoire, se joignant ainsi au harcèlement que subissait Marion. La violence des insultes a d’ailleurs amené celle-ci à bloquer les personnes qui les proféraient, y compris la journaliste en rupture de ban… qui a plus tard amalgamé fallacieusement ce blocage sur X avec une mise à l’écart professionnelle.

C’est d’ailleurs sous cet angle que, le 29 mars 2026, la même journaliste est revenue commenter avec insistance et agressivité un autre tweet de notre camarade qui ne l’avait jamais interpellée et qui ne parlait pas d’elle (il n’a au demeurant jamais pris l’initiative de s’adresser directement à elle). Celui-ci lui a alors simplement conseillé de porter ses griefs en interne devant les instances compétentes plutôt que de les exposer sur les réseaux.

Depuis c’est à qui ira le plus loin dans l’outrance parmi ce petit groupe qui a perdu toute décence dans sa surenchère verbale, au point de qualifier Marion de « nazie ». et notre camarade de « harceleur ». 

Répondre factuellement et courtoisement à des questions non sollicitées n’était évidemment pas du « harcèlement » — et bien évidemment, démentir factuellement comme nous le faisons ici des mensonges (proférés en public de manière répétée mais jamais argumentée) n’en est pas non plus.

Autres numéros de notre FAQ :

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