Voici le 3ème numéro de notre série de réponses aux questions les plus fréquemment posées au sujet du Média.
En vrai, comment ça fonctionne, le Média ? Qui dirige la coopérative ?
Le Média est une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC). Elle est dirigée par un Directoire composé de 3 membres qui doivent être sociétaires de la coopérative et issus de la catégorie des salarié·e·s — les autres catégories sont les socios, les volontaires (bénévoles) et les partenaires — nommés pour 3 ans et pouvant effectuer au maximum deux mandats consécutifs. La rotation des tâches et l’accès possible de tous·tes à celles-ci découle de la nature coopérative de l’entreprise. Celleux qui font mine de s’étonner du passage d’une personne d’une instance à une autre (par exemple du Conseil de Surveillance au Directoire ou inversement) et d’y voir un « conflit d’intérêts » n’ont tout simplement rien compris à ce qu’est une coopérative. D’autant que le petit effectif du Média implique bien évidemment que les mêmes personnes endossent à tour de rôle différentes fonctions.
Ainsi, à côté du Directoire qui est la direction opérationnelle de l’entreprise, il y a un Conseil de Surveillance, élu pour 2 ans, qui nomme le Directoire, peut le révoquer, et contrôle son action. Le Conseil de Surveillance n’a pas lui-même de rôle opérationnel, mais il peut, s’il constate des dysfonctionnements, constituer un contre-pouvoir. Durant le mandat en cours (2024-2026), le Conseil de Surveillance a ainsi été saisi en 2025 par deux de ses membres en vue d’une révocation du Directoire, ce qui a poussé celui-ci à la démission et a abouti un peu plus tôt que prévu à la nomination d’un nouveau Directoire par le même Conseil de Surveillance.
Dans ce cas précis, les statuts coopératifs ont bien permis l’expression d’un contre-pouvoir. Pour autant, ces statuts sont équilibrés : le Conseil de surveillance n’est pas par nature une opposition au Directoire, et la coopération bienveillante et respectueuse entre les deux instances est plutôt la norme, d’autant plus quand le Conseil de surveillance vient de nommer un Directoire qui s’est présenté à lui sur un projet qui a donc pu être examiné et validé. A moins d’une divergence s’opérant au fil du temps et de la révélation de dysfonctionnements dans l’une ou l’autre instance, le Conseil de surveillance et le Directoire travaillent bien ensemble à la réalisation du même projet. La différence dans les durées de mandat fait qu’un Directoire nommé par un Conseil de surveillance peut ensuite être amené à travailler avec un autre, et qu’inversement un Conseil de surveillance peut être amené à travailler avec un Directoire qu’il n’a pas nommé lui-même. Cela peut occasionner éventuellement (mais pas obligatoirement) des frictions, des désaccords : le grand public habitué au fonctionnement feutré des entreprises capitalistes peut y voir des « crises », mais on peut aussi y voir une vitalité démocratique qui fait justement défaut aux entreprises ordinaires.
A ce titre, l’histoire du Média, souvent moquée pour une succession de crises et conflits et pour ses changements de gouvernance, est en réalité celle d’une coopérative gagnant peu à peu en maturité démocratique. Vue par Kim Jong Un, par le roi d’Arabie saoudite ou par Vincent Bolloré, cette histoire peut étonner, lasser, faire désordre, mais le public de gauche ne devrait peut-être pas se formaliser plus que cela.
Souvent, sur les réseaux, on croise des gens qui trouvent que : « on y comprend rien à ce qui se passe au Média », mais qui répondent « je ne veux pas savoir » quand on essaie de leur expliquer.
Si vous ne faites pas partie des fans de Kim Jong Un, du roi d’Arabie saoudite, de Vincent Bolloré… et si vous avez envie de comprendre, prenez le temps de lire ce qui suit.
De 2017 à 2021, le Média a été une association contrôlant deux entreprises. L’AG de l’association était verrouillée par les trois fondateurs (Sophia Chikirou, Gérard Miller, dont les charges qui pèsent sur lui aujourd’hui n’étaient pas encore connues, et Henri Poulain). Les « socios », finançant le Média en versant une cotisation à l’association, n’avaient pas accès à l’AG, et les deux entreprises (Entreprise de presse et Société de production) étaient présidées par Sophia Chikirou. Suite à un mouvement social au sein de la rédaction, à l’été 2018, Sophia Chikirou a démissionné de l’Entreprise de presse puis a été révoquée par l’association de son mandat à la tête de la Société de production. Aude Lancelin, devenue aussi directrice de la rédaction, a été nommée à la tête de l’Entreprise de presse, mais en 2019, elle a démissionné de ce mandat après avoir constaté qu’une liste qu’elle ne contrôlait pas s’était constituée pour le bureau de l’association et menaçait donc de limiter son pouvoir. Elle a été remplacée par Julien Théry à la tête de l’Entreprise de presse puis par Denis Robert à la tête de la rédaction. Théophile Kouamouo, quant à lui, était rédacteur en chef-adjoint, responsable du pôle actualités. Quelques « socios » qui avaient coopéré avec la rédaction comme « correspondants citoyens » ont été cooptés au sein de l’AG de l’association et ont pu commencer à travailler aux statuts et règlement intérieur de la future coopérative. Le forum du Média a été créé, permettant des débats entre « socios ».
En 2020, un conflit a éclaté entre Denis Robert et la moitié (grosso modo) de l’équipe salariée, désireuse d’un fonctionnement plus horizontal alors que Denis Robert, lui, prévoyait de renforcer son contrôle sur l’entreprise en se faisant nommer directeur général. Comme Aude Lancelin avant lui, Denis Robert n’a pas réussi à s’approprier le Média et a fondé le sien.
En 2021, le Média est enfin devenu une coopérative, sous la forme d’une SCIC. De façon transitoire, Bertrand Bernier, directeur de production et président de l’association au moment du passage en coopérative, est devenu membre du Directoire transitoire aux côtés de Julien Théry, par transfert de compétence entre les anciennes et la nouvelle structure. Les « socios cooptés » de l’ancienne AG de l’association sont devenus membres du Conseil de Surveillance transitoire. Mais à ce stade, les « socios » devenus sociétaires de la coopérative n’ont pas eu leur mot à dire sur le choix des dirigeants. Ils ont pu toutefois, amender à la marge les statuts via des discussions puis des votes sur le forum, puis les ratifier.
A la tête de la rédaction, Théophile Kouamouo était désormais rédacteur en chef, le poste de directeur de rédaction tenu auparavant par Aude Lancelin puis Denis Robert ayant été supprimé.
En 2022 a eu lieu la première AG de la SCIC. Un nouveau Conseil de Surveillance a été élu par les sociétaires, avec la particularité que les candidat·e·s des catégories des volontaires et des socios avaient été tiré·e·s au sort (et non élu·e·s dans leur catégorie sur un projet), tandis que les candidat·e·s des salarié·e·s et des partenaires, eux, étaient élu·e·s par les membres de leur catégorie. Bertrand Bernier, toujours directeur de production, a constitué pour le Directoire une liste avec Khadija Jebrani, directrice administrative, et Thomas Dietrich, journaliste. Il n’y a pas eu alors de liste concurrente, donc ni les salarié·e·s ni le Conseil de surveillance n’ont eu à trancher entre des projets différents.
En 2023, Thomas Dietrich a été poussé à la démission dans un cadre conflictuel qui a vu les avis des Représentant·e·s du Personnel au sein du Conseil Social et Economique de l’entreprise être négligés et le Conseil de surveillance se comporter en chambre d’enregistrement des décisions du Directoire, ne réagissant pas à la placardisation d’une Représentante du Personnel, à la purge des bénévoles, à la censure puis à la fermeture du forum… Le mandat de ce Conseil de Surveillance a été aussi marqué par le faible engagement de « socios » tiré·e·s au sort, par la démission d’un bénévole et par la démission de deux membres titulaires de la catégorie des salarié·e·s, ainsi que le refus de titularisation d’un suppléant. Lors de l’AG 2023, des votes contre des résolutions présentées par le Directoire avaient été observés, surtout dans le collège des Volontaires (bénévoles) et dans une moindre mesure dans celui des Salarié·e·s.
En 2024, l’AG a élu un nouveau Conseil de surveillance, réduit à 9 membres du fait du manque de candidat·e·s chez les salarié·e·s. Deux membres de notre collectif des Socios Engagé·e·s ont pu être tiré·e·s au sort comme candidat·e·s dans la catégorie des Socios puis être élu·e·s par l’AG. Un autre membre de notre collectif, suppléant dans la catégorie des Volontaires, a été titularisé ultérieurement après une démission du titulaire. Durant ce mandat, avec les autres membres du CS, nous avons oeuvré à la relance du bénévolat, malgré l’obstruction du directoire, au dialogue avec les Représentant·e·s du Personnel et avec les Socios. Et l’un d’entre nous, face aux dysfonctionnements observés, a saisi le CS, conjointement avec un salarié, en vue d’une possible révocation du Directoire. Après la démission collective de ce dernier, les salarié·e·s ont constitué deux listes concurrentes, porteuses de deux projets différents. La liste conduite par Bertrand Bernier, directeur sortant, battue nettement (malgré une campagne bruyante en sa faveur du rédacteur en chef) n’ayant pas maintenu sa candidature, le Conseil de surveillance a donc, après entretien, nommé la liste victorieuse comme nouveau Directoire. Nadia Sweeny, journaliste cheffe du pôle Enquêtes, Diego Siaud, réalisateur, et Marion Lopez, journaliste pigiste, choisi·e·s démocratiquement par leur·e·s pair·e·s, sont devenus la nouvelle direction du Média.
C’est ce changement démocratique qui n’a pas été accepté par Théophile Kouamouo, qui a démissionné de son poste de rédacteur en chef à l’occasion d’une motion de défiance votée par 94% de la rédaction, avant d’être enfin licencié pour faute grave, suite à de nombreux signalements. Celleux qui calomnient aujourd’hui l’actuel Directoire sur les réseaux sont celleux qui n’ont pas accepté le verdict démocratique des différents scrutins internes.
Après sa démission pour raisons personnelles de son mandat au Directoire, Nadia Sweeny a été remplacée par Lisa Lap, que les membres restants du Directoire ont proposée pour nomination au Conseil de surveillance, comme le prévoient les statuts. Le Directoire a justifié son choix par le fait que Lisa avait participé à l’élaboration du projet plébiscité quelques mois plus tôt et présentait donc la garantie d’être en accord avec ce projet.
Le poste de rédacteur en chef laissé vacant par le départ de Théophile Kouamouo n’a pas été pourvu. Le Directoire a finalement opté pour la nomination d’un coordinateur éditorial, moins coûteux pour la structure et plus conforme au désir d’horizontalité de la rédaction.
Le 30 septembre 2026 aura lieu la prochaine AG du Média et le renouvellement du CS. Cette fois, les candidat·e·s issu·e·s des catégories des socios et des volontaires ne seront plus tiré·e·s au sort mais élu·e·s et auront donc à présenter aux sociétaires de leur catégorie leur conception de la coopérative. Les sociétaires trancheront. L’actuel Directoire a obtenu par un vote au printemps dernier le soutien de 97% des travailleur·euse·s du Média, mais s’il se trouve des salarié·e·s en désaccord avec l’action de ce Directoire ou les conditions de sa nomination, iels peuvent candidater pour siéger au Conseil de surveillance qui, comme on vient de le démontrer, peut jouer le rôle de contre-pouvoir, et iels peuvent d’ores et déjà travailler à la constitution d’une liste pour la nomination du prochain Directoire en 2028.
La démocratie coopérative est devenue une réalité au Média, et des changements sont toujours possibles s’ils recueillent les suffrages des sociétaires.
Celleux qui sur les réseaux mettent dans le même sac ce qui s’est passé au Média durant ces différentes phases de croissance oublient justement que la direction actuelle n’est pas comptable de ce qui s’est passé autrefois : aucun des membres actuels du Directoire n’était salarié du Média en 2018, en 2019 ou même en 2020.
C’est quoi, les Socios engagé·e·s ? Quelle est leur place dans la structure et dans les instances du Média ?
Les Socios Engagé·e·s sont un collectif informel dont l’existence sous ce nom remonte à 2021. Quatre de nos membres sont Correspondant·e·s Citoyen·ne·s bénévoles pour le Média, et trois d’entre eux siègent actuellement au Conseil de Surveillance de la coopérative (mandat 2024-2026). Notre boucle Telegram compte à ce jour 32 inscrit·e·s.
Nous agissons de façon autonome, mais en bonne intelligence avec l’équipe salariée du Média, ainsi qu’avec les autres bénévoles. Avec nos comptes sur les réseaux sociaux, nous relayons par exemple régulièrement sous forme de threads les images de manifs envoyées par les Correspondant·e·s Citoyen·ne·s. Notre chaîne Youtube diffuse principalement des montages de nos reportages, en format plus long que ce qui est utilisé par le Média (dans le Journal des Luttes particulièrement). Nous avons parfois diffusé aussi des replays inédits d’émissions en direct du Média qui n’avaient pas été diffusées sur les chaînes officielles de la chaîne. Nous envisageons de diffuser aussi des versions sous-titrées spécifiquement pour les sourd·e·s et malentendant·e·s de certaines émissions et de nouveaux entretiens avec des membres de l’équipe comme nous l’avions fait entre 2021 et 2023 avec l’Atelier 11.
Notre site internet abrite aussi, outre nos FAQ, des reportages, des archives et des visuels de promotion du Média détournant des images de la pop culture.
Investis dans la structure, nous en défendons la forme coopérative et militons pour l’approfondissement de la démocratie en son sein (nous avons élaboré de nombreuses propositions de résolution lors des Assemblées Générales des sociétaires et avons réussi à en faire adopter plusieurs). C’est pourquoi nous soutenons les actions qui vont en ce sens et défendons le Média contre les calomnies et tentatives de déstabilisation. Mais nous pouvons aussi nous montrer critiques et résister contre les abus de pouvoir ou les tentatives de dévoiement de la coopérative.
Depuis juillet 2024, un imposteur se fait passer pour nous sur différents réseaux sociaux et antisociaux : absent de YouTube (il faut dire qu’il ne produit aucun reportage) et de Facebook, il est actif surtout sur X où il a volé notre ancien compte (nous en avions refait un autre, mais ne postons plus en temps que collectif sur ce réseau), sur Instagram, et il essaie de nous imiter sur Bluesky et Mastodon (où la modération l’a heureusement classé en SPAM). Il est reconnaissable à son image de profil (deux mains qui s’emprisonnent l’une l’autre) et au fait qu’il ne publie que des attaques contre le Média dont il souhaite la mort.
Le Média a-t-il un « syndicat maison » ?
Cette expression insultante relève de l’anti-syndicalisme primaire. La section SNJ-CGT du Média, en effet, résulte d’une initiative d’un journaliste en 2019, dont Aude Lancelin s’est empressée à l’époque d’interrompre la période d’essai pour l’empêcher de devenir délégué syndical. Ce syndicat, loin d’être un syndicat « jaune » monté par une direction, a donc été d’emblée persécuté par une direction anti-syndicale, ce qui était tristement paradoxal pour un Média se prétendant « média des luttes ». Heureusement, un autre journaliste s’est ensuite attelé à monter tout de même cette section syndicale, et a été élu représentant du personnel lors de la première élection pour le CSE. Cela ne lui a pas forcément rendu la vie facile face à une direction qui n’était plus incarnée par Aude Lancelin mais qui ne s’ en est pas moins montrée tout aussi hostile au syndicalisme interne. Une autre journaliste élue également Représentante du Personnel pour le même syndicat a ensuite été longtemps placardisée par le rédacteur en chef Théophile Kouamouo, qui a interrompu l’émission qu’elle avait conçue (qui n’a pu renaître qu’après le départ de Théophile).
Quand Mourad Guichard emploie cette expression de « syndicat maison » sur son compte X ou chez ses amis influenceurs, il nie donc une lutte syndicale à laquelle il n’a pris, pour le coup, aucune part, et inverse complètement la réalité. Car, comme nous l’avons déjà expliqué dans notre FAQ n°2, il n’existe pas de section FO au Média, mais quelqu’un dont le style ressemble fort à celui d’anciens dirigeants envoie sous ce sigle usurpé des mails anonymes diffamatoires et poste des calomnies contre le Média sur les réseaux antisociaux. Mourad Guichard relaie sans vergogne les mensonges de ce syndicat fantoche défenseur d’une direction désavouée démocratiquement au sein de la coopérative. L’actuelle section SNJ-SNRT CGT du Média, elle, est bien reconnue et soutenue par la Confédération et a gagné les élections des Représentant·e·s du Personnel, que ce soit sous l’ancienne direction ou la nouvelle. Des journalistes du Média sont également syndiqués au SNJ, affilié à l’union syndicale Solidaires, et ont participé avec leurs collègues CGT au sein de l’intersyndicale aux alertes contre les dyfonctionnements de l’ancienne direction défendue aujourd’hui par… Mourad Guichard, décidément bien mal placé pour juger de l’action syndicale.
C’est bien l’intersyndicale CGT + SNJ qui avait soutenu Andreï Manivit lors de son kidnapping par l’armée israélienne en octobre 2025 et non le faux FO ni Mourad Guichard.
Lorsque Nils Wilcke a été poursuivi en justice par Aurore Bergé, c’est encore l’intersyndicale CGT + SNJ qui lui a marqué son soutien et non le faux FO ni Mourad Guichard.
Lorsqu’Andreï Manivit avait été arrêté par la police française au Bourget en juin 2025, c’est bien l’intersyndicale CGT + SNJ qui lui avait marqué son soutien et non le faux FO ni Mourad Guichard.
Qui a obtenu le congé menstruel et le paiement des jours de carence pour les salarié·e·s du Média ? Ce sont les Représentant·e·s du Personnel CGT et non le faux FO ni Mourad Guichard.

Laisser un commentaire