Sommaire :
- Communiqué des instances de la SCIC du Média
- Mise au point du Conseil de surveillance sur la procédure de remplacement d’un membre du Directoire
Les instances de la coopérative du Média ont répondu le 29 juillet 2026 sur le forum des sociétaires à une vague de calomnies véhiculées par une campagne de harcèlement en ligne contre l’entreprise, certain·e·s de ses salarié·e·s et certain·e·s de ses mandataires sociaux. En voici copie.
Communiqué commun du Directoire, du Conseil de surveillance, du CSE et de la coordination éditoriale du Média
Depuis plusieurs mois, une campagne de harcèlement, de diffamation et de désinformation vise un nombre croissant de travailleuses et de travailleurs du Média.
C’est maintenant à la quasi-totalité des membres de nos différentes instances (Directoire, Conseil de surveillance, CSE et coordination éditoriale) d’être, à des degrés divers, pris pour cible. Mails anonymes, injures, photomontages, rumeurs, atteintes à la vie privée, propos racistes ou sexistes : ces méthodes sont indignes. Elles le sont d’autant plus lorsqu’elles visent des salarié·es qui ne font qu’exercer leur métier.
Face à la gravité de ces faits, une dizaine de travailleuses et travailleurs ainsi que des sociétaires déposeront plainte dans les prochains jours. Le Média sera à leurs côtés. Les éléments dont nous disposons seront mis à la disposition de la justice ainsi que de tout média souhaitant conduire une enquête sérieuse, contradictoire et rigoureuse.
Malgré nos sensibilités, nos responsabilités et parfois nos désaccords, le Directoire, le Conseil de surveillance, le CSE et la coordination éditoriale signent ensemble ce texte. Parce qu’au-delà de nos différences, nous partageons une même responsabilité : alerter sur les conséquences de la campagne de dénigrement qui frappe les travailleuses et travailleurs du Média et défendre le fonctionnement démocratique de notre coopérative. Depuis plusieurs mois, chaque décision collective est présentée comme la manœuvre d’un prétendu « clan ». Des accusations d’autant plus absurdes que ce « clan » désignerait en réalité la majorité des salarié·es et l’intégralité du Conseil de surveillance élu par les sociétaires. C’est cette dérive que nous dénonçons aujourd’hui. Tout est transparent : les décisions sont votées, une assemblée générale des travailleurs a encore eu lieu au printemps, avec un communiqué voté à 97%.
Les travailleurs et travailleuses méritent d’être entendus et ne plus être invisibilisés par quelques personnalités qui disposent de communautés sur les réseaux sociaux.
Les accusations portées contre nos différentes instances relèvent de cette même logique.
L’indemnité des membres du Directoire (tous salariés : deux journalistes et un technicien, parmi les salaires les plus bas de la coopérative) n’est ni secrète ni décidée par ses bénéficiaires. Conformément à nos statuts, elle est fixée par le seul Conseil de surveillance. Après près de huit mois d’exercice bénévole, celui-ci a voté une indemnité brute de 900 €, non rétroactive, afin de compenser l’augmentation de la charge de travail, de la charge mentale et des responsabilités légales. Cette indemnité est liée à un mandat révocable à tout moment et cesse avec lui. Rien d’inédit : en 2022, un membre du Directoire avait déjà obtenu une indemnité de 1 000 € ainsi qu’une décharge de temps de travail.
Nous prenons les accusations de racisme avec le plus grand sérieux. Chaque signalement est examiné par les instances compétentes.
Nous savons que dans toute structure, même engagée, des discriminations ou des biais peuvent exister et nous avons mis en place des contre-pouvoirs pour permettre aux travailleuses et travailleurs de les signaler et de les faire traiter.
Nous condamnons fermement les propos qui essentialisent des collègues en raison de leur genre, de leur origine ou de leur religion, réelle ou supposée. Prétendre que des journalistes racisé·es auraient été « achetés » par une promotion ou une mise à l’antenne, ou qu’une journaliste n’accéderait à des responsabilités qu’en étant « l’amante de… », ne relève pas de la critique : ce sont des propos sexistes et racistes, incompatibles avec les valeurs que nous défendons. Les luttes contre les discriminations ne peuvent servir de prétexte à des campagnes de harcèlement ou de diffamation.
À force de vouloir faire entrer la réalité dans un récit pré-écrit, nos détracteurs, souvent anonymes mais bien organisés, finissent par effacer celles et ceux qui le contredisent. Présenter le Conseil de surveillance comme exclusivement blanc, c’est nier l’existence de deux de nos camarades sociétaires racisé·es pourtant élus en son sein. Et lorsqu’ils ne peuvent plus les effacer, ils les réduisent à des stéréotypes racistes. Un courrier anonyme affirme ainsi que « les rares salarié·es racisé·es » auraient été recruté·es après que le Directoire se serait assuré de leur « degré de docilité ». Lors d’un live, un journaliste étranger et racisé est présenté comme « moins Arabe » parce qu’« il boit de la bière comme les dominants ». Une journaliste voilée est, quant à elle, renvoyée aux « Algériens qui se battaient pour la colonisation ». À chaque fois, le procédé est le même : des collègues sont réduits à des préjugés racistes qui leur dénient leur autonomie, leur professionnalisme et la légitimité de leur place au Média. Dans un mail anonyme, envoyé à l’entièreté de la boîte, nos harceleurs accusent les nombreuses personnes issue de « minorités » et présentes à l’antenne de marcher sur les cadavres encore chauds de leurs camarades racisées.
Le même procédé est à l’œuvre lorsque l’Association des journalistes antiracistes et racisé·es (AJAR) est qualifiée d’« association des journalistes racistes » lors d’un live de plus de 3h dédié à la diffusion des éléments de langage contre notre structure. Association extérieure au Média, elle rassemble près de 300 journalistes professionnel·les engagé·es dans la lutte contre le racisme dans la profession. Leur « faute » ? Compter dans leurs rangs plusieurs salarié·es du Média. Mais là encore, l’insulte remplace le débat et sert à discréditer cette organisation engagée contre les discriminations.
Nous dénonçons également des attaques relevant d’un anti-syndicalisme primaire visant la section syndicale majoritaire (SNJ-SNRT CGT), ses adhérent·es et son délégué. Diffuser de fausses informations sur leur action, les insulter, les exposer publiquement ou chercher à les discréditer constitue une atteinte grave à la liberté syndicale et aux valeurs du Média. Chacun·e doit pouvoir s’engager syndicalement sans être exposé au doxxing, aux intimidations ou aux campagnes de dénigrement.
Les méthodes employées sont révélatrices. Ainsi, un monteur intermittent du spectacle, délégué syndical, s’est vu publiquement présenté comme percevant « 6 600 euros par mois », alors qu’il s’agissait en réalité du brut versé par l’employeur afin de compenser un remplacement ponctuel du directeur de production absent sur quelques semaines, payé au minimum légal de la convention collective pour ce niveau de poste. De la même manière, lors de l’Assemblée générale des travailleurs et travailleuses, une technicienne syndiquée et représentante du personnel a été prise pour cible, au moment même où elle s’exprimait, par un courriel adressé à l’ensemble des salarié·es dénigrant son action et divulguant des extraits choisis de conversations privées dans le but de la discréditer.
Autre accusation faussée : Le Média aurait promu un « rédacteur en chef » inexpérimenté et « sorti de nulle part » au terme d’une procédure de recrutement discriminatoire. Double mensonge. D’une part, aucun poste de rédacteur en chef n’a été créé. Après huit mois d’exercice bénévole de ces missions, le Directoire a choisi de créer un poste de coordinateur éditorial (famille 3) et d’y promouvoir le chef de service des réseaux sociaux, fort de sept années d’expérience au sein du Média, dont quatre années d’encadrement éditorial auprès des mêmes équipes.
Cette décision est intervenue après l’examen de plusieurs candidatures, dont deux externes. Le Directoire a fait le choix de valoriser la promotion/mobilité interne qui présentait les meilleures garanties, grâce à sa connaissance de la coopérative, de son fonctionnement et des équipes.
Ce choix répondait également à une volonté d’organisation : renforcer un fonctionnement plus horizontal, plutôt que de recruter une rédaction en chef (famille 4), avec un périmètre de responsabilités plus étendu et une classification conventionnelle différente, dans un contexte de crise sociale déclenchée à l’occasion du départ du rédacteur en chef et du directoire . Ce choix a également permis de limiter les écarts de rémunération et de dégager près de 10.000 euros bruts par an supplémentaires pour les piges.
Nous rappelons également que Le Média applique les minima de la convention collective de la presse nationale et que notre coopérative s’est dotée d’une échelle statutaire des rémunérations de 1 à 3, aujourd’hui plus proche, dans les faits, de 1 à 2.
Nous constatons enfin que certains entretiennent volontairement l’amalgame entre Le Média et La France insoumise. Cette stratégie est doublement utile à ses auteurs : elle cherche à discréditer un média indépendant en le présentant comme l’instrument d’un parti, tout en jetant le soupçon sur une gauche de rupture. Elle conduit aussi à mettre en cause des journalistes en raison de leurs engagements passés, militants ou professionnels.
Nous le rappelons clairement : avoir travaillé comme collaborateur ou collaboratrice d’un parti politique, qu’il s’agisse de La France insoumise ou de tout autre parti, n’empêche nullement d’exercer ensuite le journalisme avec indépendance. Les journalistes ainsi visés ont exercé dans différentes rédactions reconnues, sont diplômé·es d’écoles de journalisme et disposent d’une solide expérience professionnelle. Réduire leur parcours à un emploi antérieur revient à nier leurs compétences, leur déontologie et leur travail. Ce sont les pratiques professionnelles de notre rédaction, son indépendance éditoriale et les garanties collectives qui l’encadrent qui fondent cette indépendance, et rien d’autre.
Le calendrier de cette opération de déstabilisation interroge d’autant plus qu’elle s’intensifie au moment où Le Média mène une campagne de dons essentielle à son indépendance économique et attend la décision du régulateur concernant sa candidature pour une fréquence TNT en Île-de
France.
Face à cette campagne de harcèlement, de diffamation et de désinformation, qui pousse même le ridicule jusqu’à lancer une cagnotte destinée, selon ses auteurs, à obtenir par voie judiciaire la tenue d’une Assemblée générale et le renouvellement du Conseil de surveillance… alors même que ces deux échéances sont déjà prévues par nos statuts dans les prochaines semaines, une question demeure : à quoi servira donc l’argent récolté et qui va l’empocher?
Malgré les conséquences très concrètes de ce harcèlement sur nos conditions de travail, sur la santé de nombreuses travailleuses et de nombreux travailleurs, et sur notre capacité à exercer sereinement notre métier, nous gardons la tête froide et continuerons à faire vivre ce projet collectif.
Nous invitons nos sociétaires, nos abonné·es, nos donateur·ices et l’ensemble de notre public à ne pas être dupes et à juger Le Média sur son travail, son ambition, ses productions et son fonctionnement démocratique plutôt que sur les campagnes de désinformation dont il fait l’objet.
Longue vie au Média.
Le 20 août 2026, le Conseil de Surveillance du Média a également publié un visuel sur le forum des sociétaires.
Mise au point du Conseil de Surveillance


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